PARIS, 4 juillet (Reuters) - L'environnement des marchés
financiers s'est certes dégradé mais il n'a rien de
catastrophique et ne justifie en rien le pessimisme reflété par
la chute des rendements obligataires, dit-on chez BNY Mellon
Investment Management.
Dans son scénario central pour le reste de l'année, la
branche de gestion d'actifs de la banque américaine voit la
Réserve fédérale maintenir ses taux d'intérêt, la Chine et les
Etats-Unis parvenir à un accord commercial et la croissance
ralentir sans disparaître.
"La situation n'est pas idéale, il y a des risques qui
augmentent mais, fondamentalement, ça va, on peut rester investi
sur les actifs risqués", a déclaré jeudi Shamik Dhar, chef
économiste de BNY Mellon IM, lors d'une conférence à Paris.
Des risques pèsent sur ce scénario central relativement
optimiste, dont la probabilité est estimée à 50%, au premier
rang desquels les frictions commerciales, le Brexit, l'Italie et
les tensions géopolitiques entre Washington et Téhéran ainsi
qu'entre Pékin et Hong Kong, a-t-il dit.
Dans le pire des scénarios élaborés par BNY Mellon IM, dont
la probabilité est tout de même de 20%, un choc extérieur
provoque une perte de confiance sur les marchés entraînant une
prophétie autoréalisatrice débouchant sur une crise d'abord
financière puis économique.
Du côté de la politique monétaire, Shamik Dhar n'exclut pas
une baisse des taux aux Etats-Unis avant la fin de l'année mais
a du mal à comprendre ceux qui en anticipent au moins trois.
"Le marché obligataire n'a jamais été très bon pour prédire
les baisses de taux", a-t-il dit. "Il a l'air de penser qu'une
récession est au coin de la rue mais ce n'est pas notre avis."
Le marché d'actions est certainement plus pertinent
lorsqu'il anticipe des révisions à la baisses des bénéfices des
entreprises du S&P 500 .SPX américain et du Stoxx 600 européen
.STOXX , selon l'économiste de BNY Mellon IM.
"Il y aura certainement une baisse des bénéfices mais pas à
des niveaux de récession", a-t-il précisé.
Du côté de la conjoncture, le ralentissement du secteur
manufacturier observé un peu partout dans le monde devrait se
prolonger au second semestre avant une stabilisation puis un
redémarrage en 2020, selon Shamik Dhar.
"Globalement, il y a bien un ralentissement mais ça n'a rien
à voir avec 2008", a-t-il dit.
(Patrick Vignal, édité par Marc Angrand)
GESTION-Les marchés sont exagérément pessimistes-BNY Mellon
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